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pierro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 mer-patrie St-Laurentmer-patrie St-Laurent

 

 

 

 

 

 

Sur les bords de la mer-patrie- St-Laurent, se creuse un ciel-vérité. Les ondulations lumineuses s'imposent même lorsque traversées par des cohortes de nuages mensongers de par leurs formes évanescentes.

Les pousses aux abords de cette mer intérieure délaissent plutôt  les coins d'ombre. Elles préfèrent se  rassasier  de la pleine lumière du jour. Elles n'appartiennent pas non plus  au monde étriqué du béton-bitume percé ici et là de survivants enracinés. Elles entendent au fond de leur genèse verte les mots-transistor  de la substance des choses espérées  destinés aux prochains peuples printaniers. D'ailleurs, c'est peut-être pour cela qu'elles semblent si hardies devant les faux des glaces intempestives des grands froids des hivers du soleil engourdi.

Chenal laurentien, cheval à crinière blanche aux mil galops sonores, tu enchanteras toujours  les nuits boréales sous la bienveillante Grande Ourse.

Pierrô

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

une halte dans un soir soyeuxune halte dans un soir soyeux  

 

 

Il faut être fin renard pour voir l'invisible dans le visible

ou pour trouver l'amour dans tout ce qui vient dans le temps! 

 

 

Pierrô

 


 

 

 

Le cercle carré

 

 

Voici ci-dessous  une logique du genre quadrature du cercle découverte au hasard de ma navigation sur internet. Cette logique a été exposée par les autorités allemandes à la face même de son public le 20 janvier 2022. C'est le docteur Clare Craig (@ClareCraigPath ) qui a relevé cette patente langagière. Cette logique semble rivaliser avec les logiques pandémiques du bord occidental de l'Atlantique.

 

  • "Unvaccinated  aren't allowed in restaurants because tests are unreliable
  • Double vaccinated are only allowed with a test, because test are reliable, but jabs are not
  • boostered are allowed  in without a test because jabs are reliable
  • unvaccinated can work in a restaurant if tested, because tests are unreliable"

 

 Ma traduction française:

 

Les non vaccinés ne sont pas admis dans un restaurant par le fait que les tests ne sont pas fiables

 

les doubles-vaccinés sont  admis à la condition d'avoir reçu un test parce que le test est fiable alors que le vaccin ne l'est pas

 

ceux qui ont reçu une troisième dose sont admis au restaurant sans l'obligation d'un test parce que le vaccin est fiable

 

les non vaccinés  testés peuvent travailler dans un restaurant parce que les test sont non fiables.

 

Que dissimule ce langage? Ce n'est certainement une eau souterraine limpide!

 

 

  Pierrô

 

le 21-01-2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

l'aube

Pierrôl'aube Pierrô

 

photo : Pierrô

 

Si le chapeau te fait, mets le donc !

 

  Je lis aujourd'hui  l'étonnante confession d'un tabloïd danois ceci dans  le très  populaire blogue américain Zerohedge sous la plume de Tyler Durden: 

We failed," reads the article's headline from tabloid Ekstra Bladet, which goes on to admit that "For ALMOST two years, we - the press and the population - have been almost hypnotically preoccupied with the authorities' daily coronavirus figures. "

Ma traduction française: Nous avons été dans l'erreur. Pour presque deux ans, nous de la presse et de la population, avons été hypnotisées par les cas de figure présentés quotidiennement par les autorités gouvernementales  ( lire au sujet de la pandémie covid 19, mon ajout)

 

WE HAVE NOT been vigilant enough at the garden gate when the authorities were required to answer what it actually meant that people are hospitalized with corona and not because of corona. Because it makes a difference. A big difference. Exactly, the official hospitalization numbers have been shown to be 27 percent higher than the actual figure for how many there are in the hospital, simply because they have corona. We only know that now.

 

IN ALL, the messages of the authorities and politicians to the people in this historic crisis leave much to be desired. And therefore they lie as they have ridden when parts of the population lose confidence in them.

 

Je ne sais pas actuellement combien d'autres médias vont suivre cet exemple danois.

À suivre comme on dit si souvent à Radio Canada ou à TVA

 

 Pierrô

 

13 janvier 2022

 

 

 

 


 

 

 

 

                                       VOYAGEMENT DANS TROIS GRANDES ÉCLAIRCIES

 

Enfant, je me promenais dans la forêt. Le plus souvent, j'y allais parce que j'aimais respirer les odeurs des arbres, regarder le jeu de l'ombre et de la lumière ou pour entendre remuer  feuillage et petites bêtes.

Parfois, lorsque je me sentais un peu déprimé, je m'abandonnais à l'effet hypnotisant des créatures de la forêt. Arbres, feuilles,racines, branches, cailloux; branches, rocher,feuillage , tronc; attention là boue, cailloux branches , tronc, branches, tapis végétal et ainsi de suite. Après une heure de ce manège,  je n'avais pas envie  de me casser la tête, je vous jure. J'étais rassemblé, de nouveau concentré et prêt à rejoindre les éclaircies que la vie m'offrirait.

 

Aujourd'hui, je fréquente encore la forêt et son ravissement. Mais je possède aussi des éclaircies à portée de main sans faire de nombreux pas. Je parle ici de l'univers poétique de trois auteurs que je relis et qui m'aide à me relier à l'éclaircie de l'être.

Pour preuve, trois courts extraits de leur sève séminal:

 

"Les bûcherons enlevaient le mackinaw, prenaient la hache et han! han! Le bois voisin répondait  han! han! Oooh ! criaient les hommes, oooh! répliquait l'écho, et crac, griche ,frouche, crac! un arbre plongeait en hurlant, secouait la neige."

 

C'était le musicien et poète Félix Leclerc

 

"Les individus nés après 1968 se divisent en deux catégories : dépression et ressentiment d'un côté; ignorance et conformisme de l'autre. On peut dire qu'ils sont sinistrés, et que la propagande du Système a atteint son but... le fait nouveau est une formidable ignorance de l'Histoire, dissoute dans un présent permanent, sans cesse décomposé et recomposé."

" Là encore, Manet prévient: ses femmes ne vieillissent pas, il ne vieillit pas . La morsure du négatif les protège."

Difficile de faire des portraits en si peu de mots;  Philippe Sollers .  À la fin , il touche.

 

 

" Il est des jours où l'homme  s'éveille avec un génie jeune et vigoureux. Ses paupières à peine déchargées du sommeil qui les scellait, le monde extérieur s'offre à lui  avec un relief puissant, une netteté de contours, une richesse de couleurs admirables. Le monde moral ouvre ses perspectives, pleines de clarté nouvelle."

 

En voilà un qui a su traverser le miroir et se retrouver dans des éclaircies lumineuses.

Charles Baudelaire, que je ne cesse de fréquenter.

 

 

Pierrô

4 janvier 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 Claude Dubois poète Claude Dubois poète

                     photo: Nathalie Charest

 

 

 J'ai vu dernièrement C. Dubois en entrevue sur une chaîne télé. Sobre ( ne parlant pas pour rien dire), alerte et ne craignant pas de se révéler comme poète. Cela m'a donné le goût d'entendre ses dernières interprétations et compositions.

Sa musique, bien que puisant à diverses sources ( pop classique , reggae, jazz, country, etc.), demeure personnelle, magnifiquement au service de sa poésie.  Une langue poétique traduisant la nuit des hommes autant que les horizons débordés par les soleils du coeur.  Un ton si près de l'âme ayant eu à traverser le pays des ronces  mais ayant su aussi "retrouver le temps" .  Un véritable enchantement pour l'oreille et le coeur!

 

 

Pierrô

25 décembre 2021

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                photo : Constance Céline

 

 

 

 Une naissance trop souvent inconnu à soi-même : l'incarnation de la deuxième Personne en chacun

 

Commençons cette réflexion par un lieu commun. En ce temps de confinement social,  les gens cherchent plus que jamais  un sens à leur vie.  On remarque également que les lieux de rassemblement autour de la parole libre nous manque outrageusement. Les poncifs sociaux développées dans divers médias de masse ne font pas le poids. Il y a certes des exceptions. J'en nomme une ici : l'émission phare de Télé Québec : Y a du Monde à Messe. Celle-ci réussit à sortir des clichés pour nous faire plonger dans le monde singulier des invités de l'émission. Il faut dire que l'animateur ainsi que ses trois recherchistes travaillent  fort pour arriver à cette fin.

Tout se passe donc comme si aujourd'hui la représentation du théâtre du moi se fracassait sur l’écran du provisoire. C’est comme si nous ne savions pas tracer une limite claire à l’arbitraire social. La saveur du jour se marie mal avec les élans du coeur ouvert  à l'esprit créatif.

 

Nous devenons ainsi guidés par nos réactions émotives et nos mécanismes de programmation sociale. Nous ne savons plus comment nous ouvrir à l’intuition et à la raison créatrice. Pourtant existe toujours  une culture de la parole, celle qui permet précisément l’exploration d'une certaine littérature capable de secouer une âme somnolente.  Existe toujours une parole affirmant l’unité de l’être humain; une ouverture à l’infini du fait même qu’elle se traduit au singulier; un mouvement incessant de l'être ;  un corps-âme-esprit dans une durée irremplaçable; un tout indivisible sans possession de l’un par l’autre; un corps vécu comme dimension matérielle de la Personne. Hildegarde de  Bingen n’a-t-elle pas affirmé que « le corps est l’atelier de l’âme où l’esprit vient faire ses gammes ».

 

Mon hypothèse serait que cet inconnu que nous cherchons plus ou moins consciemment s’est fait connaître comme la deuxième personne de la Trinité, celle appelée Fils: raison éternelle ( logos) dans notre chair d’homme. L’Esprit nous est ainsi  donné par Lui. le Père n’étant ainsi perceptible que par le rayonnement de la présence du Fils lui-même.

 

En tout cas, Joyeux Noël à vous et  à chaque jour à part de ça!

 

 

25 déc. 2021

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

                       photo Pierrô

 

 

 

 

 Mes prédictions pour l'année 2022

 

Cher lecteur, j'ignore bien sûr si vous avez déjà eu la curiosité de glaner des prédictions pour l'année à venir  provenant soit d'astrologues, d'économistes ou de tout autre prophète du genre? Pour ma part, je l'ai fait quelquefois. J'avoue que je suis sortie de cette expérience pas mal amusé. Combien de cibles ratées pour celles réussies? À mon souvenir, un penchant  du côté des ratées...

 

A  mon tour, dans cette période de l'année un peu folle, de me lancer dans cette farandole de prédictions.

Réglons tout de suite le thème socio-économique.

 

socio-économique 2022

scénario A

  • L'argent créé par les banques centrales depuis plusieurs mois sans  appui véritable sur l'économie réelle  va contribuer à grossir le flot inflationniste commencé outrageusement  par le grossissement  de l'endettement des nations, des entreprises et des ménages. Donc inflation supérieure à ce que l'on a connu dans les années soixante-dix. Je parle ici d'une fourchette se situant entre 12% et 15%. Mais ce premier mouvement économique va progressivement se transformer en stagflation (croissance économique anémique avec des secteurs inflationnistes comme celui des denrées alimentaires et de l'énergie) un peu plus tard  au cours de l'année;
  • La classe moyenne et la classe populaire des pays industrialisés vont y goûter: réduction de leur pouvoir d'achat, réduction sensible de la valeur de la maison moyenne, difficulté financière accrue pour s'acheter un avenir via la voie de l'instruction, augmentation du pourcentage de personnes vivant d'une paie à l'autre; plan de retraite chamboulé.

scénario B

  • Les banques centrales vont se faire débarquer par le pouvoir politique issu des mouvements populaires contestataires de la puissance monopolistique des élites mondiales. Cas de figure possible aux États Unis d'Amérique: apparition d'un nouveau congrès américain  plus imperméable au pouvoir des lobbies. Résultat des courses :  des monnaies nationales appuyés sur un panier de valeurs réelles ( L'or, les richesses minières et manufacturières etc.). Donc fin de l'hégémonie du pétro-dollar et de son système;  brisure irréparable  de l' équation habituelle : création de la monnaie par les banques centrales  et autres banques au dépens de millions  de prêts impossibles à  rembourser.
  • début du système de la valeur de l'argent gagné (argent gagné sur des paris se produisant au millième de seconde) en rapport avec la création d'une richesse véritable.

 

 

santé

 

  • L'assisse des grandes pharmaceutiques  du monde sera ébranlée en raison d'un moindre avilissement de l'homme. Les hommes arriveront à un tel d'avilissement qu'ils seront heureux que d'autres profitent de leur souffrances, ou de la perte de leur véritable richesse, la santé. Léonard de Vinci.  
  • Un premier craquement pour les "big pharma".  Le 16-12-2021, nous apprenons ceci par le Centers for Desease Control and Prevention (CDC) : As of december 8, 2021, VAERS has received 1908 reports of myocardis or pericarditis among people ages 12-29 years who received covid 19 vaccines. 

 

  • santé spirituelle

Sur un plan personnel, je continuerai à marcher sur le chemin indiqué par W. Shakespeare :" le monde déborde de sens et de buts divers, il débouche à chaque instant sur la vie, la Pensée et l'Esprit ne sont pas là par hasard, mais comme des rescapés sur une île magique"  AMEN

 

 

décembre 2021

 

PIerrô

 

 

          

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Addition précieuse au site : Constance Céline Brousseau

 

Constance Céline est poète, romancière, femme de théâtre ( théâtre Constance-Céline), pédagogue spécialiste en créativité.

 

Elle a été double lauréate du Conseil des Arts du Canada : écriture d'un recueil d'une centaine de haikus. 

Création de la pièce de théâtre : Le Papier d’où je vais, spectacle en tournée dans le Bas-Saint-Laurent.

Elle a mérité le prix  Alphonse Piché  pour ses Poèmes du lendemain Deux; poèmes publiés à la maison d'éditions Écrits des forges (1993). Elle a également obtenu en 2018 le prix  International  du livre d'artistes Saint-Denys-Garneau pour À Bas Bruits_Les Saisons (haïkus).

Constance a été finaliste au  concours Robert Cliche pour son roman  La Terre promise (2016).  Elle  est membre de l'UNEQ ( Union des écrivains du Québec)

Elle est aussi directrice artistique du théâtre Constance-Céline depuis 1993  avec divers partenaires.  Ses champs de compétence sont:

  • Comédie et jeu en art performance
  • Création de spectacle théâtral, mise en scène, écriture dramatique
  • Formations en jeu théâtral et en écriture créative (processus déclencheurs de créativité)

Elle possède une Scolarité de doctorat en littérature québécoise à l’Université Laval. Elle a obtenu une Maîtrise en art dramatique : Formation en jeu et en écriture dramatique  à l'École Supérieure de théâtre à Montréal ( UQAM) et un Baccalauréat ès arts : cinéma/théâtre/psychologie de l'Université Laval. Elle a suivi également des formations avec des artistes reconnus comme Denise Désautels, Gilles Jobidon, Danielle Bissonnette, Sylvie Tourangeau.

 

 

J'ajoute ici une synthèse de sa démarche telle que vue par l'artiste:

 

Ma démarche artistique:

<<Écrire (interpréter et enseigner) comme on taille une branche pour en extraire la flèche qu’elle promettait>>.

Christian Bobin, Les Ruines Du Ciel, 2009.

Comédienne et auteure, ma démarche artistique est un acte d’approximation tendu vers l’exactitude. Une écoute sensible. Une disponibilité voire une vigilance. Un espace intérieur pour que le processus de création ait lieu. À titre de formatrice ou de metteure en scène, je favorise le développement de la créativité. Je cherche la potentialité chez la personne. Je ne cultive pas le vedettariat. Je peux cependant travailler avec des profils de type <<je suis important-e>>. Cela ne m’intimide pas. Par ailleurs, je suis plutôt timide socialement tout en déplaçant de l’air. Un paradoxe enjoué.

J’assume mes contradictions quand il y a lieu. Quant à l’interprétation, je travaille d’avantage  dans un processus de création. J’ai été formée à cette école. L’École supérieure de théâtre à l’UQAM où j’y ai complété une maîtrise.

Je m’explique: sans le faire exprès, je me situe souvent à côté du X prévu. Ce qui peut correspondre à un jeu clownesque parfois. Cette espèce de délire créateur me sert ou peut aussi me perdre. Je peux travailler à partir d’une maladresse, ou de ce que je juge pendant un temps, comme étant ordinaire. J’ai encore la naïveté de croire que je dois être extraordinaire dès le premier essai. Une tyrannie que je traîne depuis l’enfance et pour laquelle je me suis soignée. Mais c’est comme une tache de naissance ou un vice de construction que je  me réapproprie à chaque fois.  Avec le temps, c’est moins envahissant. J’ai une pratique d’une vingtaine d’années. Ciel!

Je possède des capacités d’adaptation; sinon je serais devenue cinglée. En réalité, je me place en mode observation de mes exigences.Et il m’arrive, heureusement, d'éprouver des joies spontanées et saines. L'acte d'approximation tendu vers l'exactitude est une marche à tâtons. J'arrive toujours quelque part.

Par ailleurs, cette démarche raconte  le plaisir et le goût du risque que j'ai développés en commettant quelques performances en travaillant auprès de Sylvie Tourangeau.

 

 

Constance Céline Brousseau

théâtre Constance-Céline (depuis 1994)

 

 

 

note:  ses autres écrits se retrouvent dans la page intitulée Constance Céline

 

 

 

 

 


 

 

 

 


 

 

Extrait Poème d'automne 2020

 

 

Papa

 

Ses bras amaigris. Les nombreuses taches pigmentaires sur ses mains.

Les veines malmenées.

À 75 ans, étendu sur une civière avec la canicule dans l'hôpital.

Je n'ai pas sur le détester comme avant.

Est-ce cela la compassion?

 

Son regard bleu-mauve d'aveugle à ce monde terrestre. Il ouvre les yeux.

Il regarde l'ailleurs. J'imagine.

 

Combien de temps peut-on soutenir l'insoutenable?

Longtemps.

Jusqu'où peut-on aller trop loin?

Atteint d'Alzheimer, on lui assure les soins de vie confortable.

Qui détermine le confort?

Qu'est-ce qui est confortable?

 

Sans mot, je n'ai que ses mains dans les miennes pour me faire entendre.

La seule vibration du toucher est mon alphabet. Et le sien.

Parce qu'il retient le lien que je veux défaire.

 

Enveloppé du manteau de douleur innommable.

Respirer jusqu'à la mort dure combien de temps?

Insoutenable légèreté de l'être, comme l'écrivait Kundera.

 

C'est toujours de moi dont je parle.

 

 

Constance Céline Brousseau

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

     

L'AMOUR ET L'EXIL

 

Connaissez-vous la merveilleuse interprétation de Bruno Well dans le concerto pour violon en fa majeur de L. Beethoven? Pas de fla fla dans les attaques, qu'une plénitude dans ses propositions. Une extase et une félicité dans sa présence à la musique de Beethoven! Une si extraordinaire mesure dans la mouvance des sons! Une  infinie infiltration dans mon âme...

 

 

 

Par la grâce de cette musique, on arrive à se situer loin de la soustraction à soi-même, loin aussi de la greffe sociale et du temps linéaire. Mais cette sorte de souffle qui lave tout ne résiste pas toujours à l'assaut du vacarme des ruminations de toutes sortes. Et celles-ci, malheureusement, mènent si facilement au phénomène psychologique de l'identification. Identification tant aux biens  matériels que psychiques ou corporels. Ces décombres qui ternissent la liberté, l'amour. Ces horizons saturant les préoccupations articulées à partir du manque du n'importe quoi ou du n'importe qui.

 

Que faire alors? Beaucoup de solutions sont proposées. Par exemple, faire passer pour bien la passion qui se rive aux considérations sociales. Renoncer à la raison pour un vautrage dans les concupiscences présentées sur un plateau d'argent par une société dite "moderne". Subir la force sans justice parce que l'opinion dominante le suggère fortement. Trouver saine la tyrannie se déguisant en gouvernement mondial fin prêt à régner selon ses propres règles et arguments. Se distraire parce que soi-disant la vie est courte comme si la distraction pouvait faire des miracles.

 

Mais en tout état de cause, l'exil reconnu et accepté par devers son soi-même a peut-être du bon. Je songe ici à une invitation irrésistible à un arrachement du passé construit et à une saisie de l'attention pouvant se manifester sous une forme d'énergie peu commune, celle de la poésie capable de faire chanter les pierres d'un château à habiter. Ce peut-être également un début de pardon à soi-même par la grâce divine, celui qui permet en quelque sorte une transfiguration de la manière de vivre sa vie. " il faut des mouvements de bassesses, non de nature, mais de pénitence; non pour y demeurer mais pour aller à la grandeur, non de mérite, mais de grâce, après avoir passé par la bassesse" Pascal Blaise, Les Pensées.

 

 

 Pierro, 14-06-2020

 

 

 

 


 

 

 

LE GARÇON À L'OISEAU

 

Tenir une créature ailée

dans ses mains

c'est ressentir la vie

à la fois fragile et gantée de ciel.

C'est conserver l'élan

d'aller plus haut.

C'est décider de laisser aller

ce qui a apporté tant de joie.

 

 

 


                             

 

                                                                                                

                                      

                                                                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

CELA NE SERA PLUS JAMAIS PAREIL                        

 

 

 

MOTS CLEFS: FINANCIARISATION DE L'ÉCONOMIE,ÉCONOMIE RÉELLE

AUDACE, DISCERNEMENT

 

 

Covid 19 ( Sarscovid2+enzyme ac2 moins son inhibiteur: hydroxylcloroquinine)  = crise économique sans précédent avec son cortège d'effets indésirables.

Ce début de texte par une équation du temps présent implique une question  que tant de personnes se posent actuellement. Va-t-on un jour retrouver la bonne "vieille" économie des trente dernières années? C'est-à-dire, va-t-on pouvoir consommer de nouveau sous le bras du crédit facile? Le gros de la richesse produite va-elle continuer dans les mains des puissants de ce monde (440 milliards de plus pour eux depuis le début de la pandémie)?Le pouvoir d'achat de monsieur et madame tout le monde continuera-t-il  d'être stagnant, sinon décadent? L'investissement en vue de la croissance de l'économie réelle continuera-elle à connaître sa petite part? La financiarisation par l'entremise de millions de chaînons de produits financiers dérivés poursuivra-t-elle sa lancée d'avant la pandémie?

 

Plusieurs du monde financier le croient. Les grandes banques compte  sur cette sorte d'excroissance à partir de  2022. J.P. Morgan par exemple, pronostique que les profits des grandes corporations vont demeurer de 20% inférieurs à ceux du niveau de 2019. Jérôme Powell de la banque Centrale Américaine ( FED), en peu plus optimiste, affirme que la reprise de l'économie ne débutera finalement qu'à la fin de l'année 2021.

 

Entretemps, parmi les 38,5 millions de chômeurs américains et la cohorte canadienne de 4,8 millions de chômeurs,  plusieurs vont se retrouver sur le carreau. Pour les USA, l'Université de Chicago estime que ce nombre sera d'au moins 20 millions. Ce sera particulièrement éprouvant dans les secteurs du tourisme, de l'éducation et des services professionnels. Les banqueroutes  des entreprises et des particuliers risquent elles aussi d'être importantes dans les mois qui viennent. Selon la Banque des Règlements Internationaux (BIS) le nombre de compagnies qui se voit dans l'incapacité de payer leurs dettes sont à un niveau actuel supérieur à ce que l'on a connu en 2008 (crise financière mondiale).

 

Du côté des consommateurs, ce n'est guère mieux. Ils vont demeurer apeurer. Ils auront tendance à s'asseoir sur leurs faibles économies sans pouvoir s'appuyer sur le ressort du crédit facile. Autre détail intéressant à noter, la Deutsche Bank s'est commis d'une nouvelle formule pour saisir la durée du recouvrement économique. Pour 22 jours de fermeture de l'économie d'un pays, il faut compter une durée de quatre à dix fois  ce chiffre. C'est dire que pour une période  de 70 jours, nous avons affaire à une amplitude de recouvrement s'échelonnant entre 280 jours et 700 jours avant que la machine économique ne reparte pour de bon.

 

Par ailleurs, une minorité de penseurs économiques croient que rien n'est inévitable pour les leaders qui oseront inventer une nouvelle économie. Il suffit de capitaliser sur l'audace et  le discernement sur la période transitionnelle vers une économie prospère pour l'ensemble de la population.  Mettre en place par exemple des mesures fortes tels que:

  • un système monétaire via un panier de devises nationales appuyées sur la production réelle de biens et services d'un pays donné
  •  une mise au pas des banques centrales en les plaçant sous un contrôle démocratique
  • une fortification de l'économie locale, régionale et nationale
  • un préjugé favorable aux initiatives entrepreneuriales  au niveau des localités et des régions
  • une politique robuste quant à la liberté d'expression

 

 

Pierre D'Amours, MAP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

L'oiseau de feu

 

Lorsque les braises du jour se consument

 

lorsque la montagne conserve en son sein

              

                           le mystérieux secret

l'oiseau flamboyant survole l'onde.

 

Il perce le moindre détachement de lumière

 

sans se soucier du lendemain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

La nouvelle normalité?

Mot-clef:  confinement, adaptation, liberté conditionnelle

 

Il faut s'habituer parait-il, à tout ce qui ne sera plus comme avant. Prendre son char pour aller magasiner de la manière que l'on veut, s'entasser dans un amphithéâtre pour regarder un match de football, de tennis ou de hockey; jaser avec les voisins dans une proximité de cordialité, flâner au centre-ville avant de prendre le métro candidement et avec confiance, tout cela ne serait désormais plus d'actualité, en tout cas dans un avenir prévisible.

Ce serait plutôt le travail pour ceux qui peuvent l'effectuer sous le mode de la téléréalité.  Pour se distraire mur à mur, il resterait toujours le virtuel 5G millimétrique ( bandes de fréquence de plus de 26 GHz) . Images holographiques,  gestion des métadonnées,  jeux interactifs  complexes, conduite automobile assistée, automatisation industrielle  etc.  seraient a la portée de quelques pas, bien au chaud dans la maison. De plus,  même si l'effet thermique  des champs électromagnétiques de ces radiofréquences peuvent être considérées comme carcinogènes, cela ne devrait pas nous embêter car on ne le dira jamais assez: le progrès c'est le progrès.

 

Pendant ce temps d'ajustement, les grandes puissances financières, l'avant-garde comme dirait l'autre (Quand la bourse va , tout va!) sont déjà dans la cabine de pilotage. Ils délaissent actuellement leurs actions des secteurs comme l'aviation civile, les banques, les centres d'achat. Ils délaissent également les monnaies nationales qui subissent le surendettement. Ils achètent les actions des compagnies qui vont racheter eux-mêmes leurs propres actions.  Par ailleurs, ils ne se se gardent pas beaucoup de gêne quant aux actions de l'industrie du vaccin et des antiviraux.

 

En bon samaritain, ils nous assurent que ceux qui iront la sagesse de se prémunir  de leurs vaccins pourront voyager sans beaucoup de contraintes. Ils nous mettent également en garde contre les conspirationistes de tout acabit,  les défenseurs de la liberté d'antan, les pourfendeurs d'absurdité et les appareilleurs des nouvelles îles de l'information non contaminée.

Maintenant, face à l'adhésion de cette nouvelle normalité, qui de nous s'apprête à dire Amen? Fuck you? Bravissimo? Petite misère va?

 

Ce sera à surveiller!

 

 

Pierrô


 

 

 

 

 

 

 

 

 confinementconfinement

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pierrô

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Méditation sur le sapin de Noël

 

 méditation sur le sapin de Noëlméditation sur le sapin de Noël

 

 

 

Enfant, j'avais le sentiment que le sapin de Noël de la maison avait le pouvoir de modifier pour le mieux, mon entourage, y compris moi-même. Cette force lui venait de sa résistance à l'hiver et à son courage d'être toujours vert. Son odeur me servait de balise pour suivre les courants de sa puissance.

Le dévêtir de ses guirlandes de lumières et de ses boules m'attristait. Le sapin laissé  sur le banc de neige  me faisait peine à voir même avec ses quelques glaçons argentés abandonnés sur une ou deux branches par des mains impatientes.

Maintenant, à chaque début de septembre, je fixe un sapin dans une terre à demi- gelée  de la partie  du terrain faisant face au grand fleuve, histoire de le réconforter. J'enroule des guirlandes de lumière à ses branches  un peu comme  les étoiles dans le ciel figurant un ordre que seul, le silence a le secret.

L'obscurité s'approchant, subsistent des étoiles dans le vert profond me rappelant que l'âme-corps  s'affirme mieux lorsque tombe les échafaudages du mental et les obscurités  du cœur. Cette âme régénérée,  vaillante autant dans la dérision que  dans le doute devient alors capable de s'appuyer sur le pouvoir de l'exploration de soi  susceptible de faire affleurer le continent de la joie trop souvent oublié.

 

Joyeux Noël !

 

Pierre D'Amours, alias Pierrô

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

En attendant  Laberge

 

Le matin, j'aime entendre le silence de la maison. Il me pénètre d'une façon étrange dans un premier temps. Mais lorsque je laisse aller tout ce qui  veut partir, je ressens ce silence comme une musique qui n'en finit plus de se modeler au gré des bruits familiers de la maison: bruit du moteur du réfrigérateur et du pétillement du feu de bois dans le foyer; son de l'eau de vaisselle tourbillonnant dans l'évier, de la neige qui tombe sans que je l'entende, des meubles du solarium attendant le soleil de la fin de l'avant midi.

 

J'aime aussi écouter la musique sortant du lecteur CD ou d'une chaîne de musique comme celle de Stingray. Ce matin, 29 janvier 2022, je syntonise cette chaîne. J'entends un Handël, un concerto pour orgue. Que de joie ressentie!! Un ton immensément intimiste, quelque chose qui ressemble au son de l'orgue retentissant dans la chapelle de L'abbaye Saint-Benoît par un début d'après-midi d'été splendide, celui précisément d'André Laberge.  Il jouait de toute évidence pour lui dans cette chapelle déserte laquelle chapelle  me rappelle à chaque fois la sensation ressentie sur les montagnes des Appalaches.

 

Je précise ici que j'écoute habituellement cette chaîne de musique sans l'écran de la télé.  Hors de mon habitude, ce matin  du 29 janvier, je me sentais irrésistiblement attiré vers cet écran, question de savoir quel est l'interprète de ce concerto pour orgue: André Laberge, nom de Dieu! J'avais reconnu Laberge par le détour de la joie qu'il me procure lorsque je l'entends jouer de l'orgue.

 

Le souffle de l'esprit que l'intuition  peut saisir est un miracle capable de s'intercaler dans le quotidien pour peu qu'il y ait disponibilité de l'attention. Ce souffle conquérant me fait entrer en contact à prime abord dans un sentiment diffus qui  me mène lorsque déplié dans une vision à un ressenti du processus de la vie comme danse joyeuse.

 

 

Pierrô

29 janvier 2022

 

 


 

 

 

 

 L'ATTENTEL'ATTENTE

                                                           

 

 

 Nouveauté: une foreuse qui creuse le ciel!

Faites un essai gratuit du spiritual  discernement plus plus!!

 

 

Jacques Lacan, bien connu dans le cercle psychanalytique fait une distinction éclairante entre les mots réalité et réel. La réalité appartient au  moi tandis que le deuxième terme est du domaine du je. Je n'entrerai pas ici dans le jargon pour nuancer cette distinction. Je me contenterai de faire des égalités, ce qui est une façon de ramasser l'essentiel d'une pensée. Cependant, le lecteur devra travailler fort. Il devra aiguiser ses patins.

 

  1.      "je est un autre"   A. Rimbaud 

           Selon ma compréhension, l'autre serait une construction sociale. Famille, milieu socio-économique, école etc..  L'autre serait le moi.

En terme d'équation nous avons ceci:

   MOI = causes et accusations. Le moi construit et déterminé par de multiples contextes sociaux en superposition  se fait accusateur de son prochain. Mon proche, mon reproche, dirait l'autre.

Il serait une sorte de fantôme sous le rapport du temps qui se donne. Le moi  se fige  de par sa volonté de puissance. Il croit que sa capacité d'objectivation et d'évaluation crée une nouvelle réalité. 

  La science est plus modeste que ce moi. Selon par exemple la physique moderne, le monde connue actuel ne constitue  que 7% de l'univers. 20% est constitué d'énergie noire . Le reste nous est simplement immensément inconnu. Aveu d'humilité ou d'impuissance ...

 

      2.      "Recevoir, trouver,ouvrir"  Saint Augustin

 

Ce qui veut dire qu'existe le don, le trouvable et l'ouverture (éclaircie de l'Être)

Le JE est une singularité. Le réel est son domaine. Et l'art devient une danse-jouissance; la musique, une cantate, fugue qui approfondit le Ciel ; la peinture quant à elle trouve l'éclaircie de l'être: la sculpture  brise les limites spatio-temporelles.

 

En même temps, le je enraciné dans le réel se constitue en roman.  Je ne parle pas ici de roman, fantaisie de l'imagination . Je parle plutôt de l'élan  qui s'inscrit dans l'éclaircie de l'être et de sa participation au don de l'être  se donnant continuellement.

 

 

Joyeux Noël!

 

 

Pierrô

le 10 décembre 2021

 

 

 

 

 


 

 

      

 

           

 

BOUTEILLE À LA MER   

                                                                                                

 

Au soir de ma vie, qu'aurais-je trouvé... un principe "je récolte ce que je sème; un écho du Réel qui ne peut jamais être contenu; un sentier montant vers le moins de brouillard.

 

Depuis 2016, j'érige deux sapins à chaque huit décembre, date qui marque pour moi le silence pur concevant l'inconcevable. Le sapin à l'extérieur scintillant de petites lumières vertes constitue mon phare d'espérance aux abords du grand fleuve pas toujours tranquille.  Celui posté au coin des deux plus grandes fenêtres  se charge de recueillir les reflets des soirs de décembre à travers son éclairage arc-en-ciel.

 

J'aime ces deux vigiles. Ils me protègent des assauts intempestifs.Ils m'aident à voyager dans le temps: le futur du passé, le présent qui vient de partout et le futur qui se vit étrangement au présent.

 

Le poète Gaston Miron a écrit un jour " mon sapin est un courage toujours vert". Peu importe les saisons de la vie, la clarté du silence lui donne la force de demeurer toujours vert, toujours dans la naissance incessante, nativité irrésistible.

 

Au lecteur qui lira ce parchemin de la mer haute, c'est cette force qui constitue mon souhait de la nouvelle année pour vous.

 

  Pierrô

 

20 décembre 2020

 

 


 


 

 

 

ANGLE DE VUE                                                                                       

 

Je regarde depuis la fenêtre de mon enfance

la colline bleue s'affadir dans le silence de l'horizon.

 

Au delà des premiers vallons de terre en foin

s'étalent trois bosquets d'épinettes blanches

incapables encore de faire contact

avec  l'immense talle des arbres au grand faîte chatouillant le ciel verge d'or.

 

Tout au fond, derrière se révèle le son d'une locomotive et sa suite

s'allongeant au creux de la Rivière des Loups vers un destin imprécis.

 

Pour ce qui est du soleil, il s'enharnache.

Il gruge déjà la pointe des arbres géants tout en faisant fuir leurs ombres violets.

Ce n'est plus qu'une question de quelques instants

avant que les  champs soient transpercés de lances jaunâtres.

 

L'éternité s'est retrouvée!

Maintenant ses volets se ferment

 Ceux-ci  attendent patiemment, j'imagine, leur réouverture pour laisser passer de nouveau

 le murmure de la traversée du temps.

 

P.E.

 

 

 

 

 


 

 

la petite auto bleue

 

                                                 

Il était une fois deux petits garçons qui ont eu subitement une envie folle de se promener en voiturette. Le plus vieux (M) avait déjà localisé l'endroit à partir duquel un tel rêve pourrait prendre forme.

Dans un garage tout blanc, semblait attendre sur de la terre battue une voiturette bleu comme le ciel d'été. Mystérieusement, ses formes arrondies et son ingénieux système de traction avait un pouvoir, celui d'attirer deux gamins à consentir un emprunt.

Le plan d'action pour se saisir de l'objet de désir avait été dessiné à gros traits:  opérer la sortie de la petite auto bleue un matin où le proprio ne serait pas à la maison; se mettre à rouler dans les rues du quartier peu fréquentées par les grosses autos et remettre l'engin dans le garage tout blanc.

Aussitôt conçu, aussitôt fait. Voilà qu'assis à l'étroit, M pédalait le mieux qu'il pouvait pour faire avancer la voiture bleue ciel. Les rires et les directives à donner pour supporter les jambes du conducteur ne manquaient pas. La comptabilité du temps  à pédaler demeurait cependant très approximative. Le paysage  avec ses trottoirs usés par la charrue d'hiver, les maisons ébouriffées de vert grouillant dans la lumière oblique défilait sans s'interrompre et arrivait à  tromper le temps. On aurait dit que tout prenait l'allure d'une nouvelle respiration et que même les mouvements et les arrêts s'unissaient étonnamment.

La vie souriait à ces deux passagers de l'aventure. Mais pas pour tant de temps que cela! Voilà qu'en chemin vers le garage tout blanc, les deux comparses se voient apostropher d'une voix sévère. Le proprio de la voiturette n'est pas de bonne humeur. Il menace de faire venir la police afin de bien faire comprendre qu'un méfait de cette sorte mérite punition.

La supplication et les larmes ont eu cependant gain de cause dans l'opération justice en cours. Le tonnerre grondant se mit à se transformer soudainement en paroles supportables. Les aventuriers que nous étions en étaient quittes pour une belle frousse et un long temps de réflexion.

Vous avez sans doute déjà soupçonné qu'un de ces deux as de la route est l'auteur de ces lignes. Vous avez raison. Je ne pourrais jamais nier une telle aventure de mon enfance. Aujourd'hui, je réalise avec clarté que la vie est comme une  carte qui se déplie au fur et à mesure que la vie se déroule. Les aventures vécues agissent comme des  boussoles qui découvrent le paysage  à venir. Ainsi, l'attraction pour cette voiturette bleue a constitué en quelque sorte un aimant capable d'attiser en moi le désir d'autonomie. Ce désir d'éprouver en quelque sorte la vie dans toutes ses grosseurs et ses profondeurs.

De la même manière, ce drôle d'emprunt perpétré à un si jeune âge m'a ouvert à prendre une distance par rapport à un certain nombre de  diktats sociaux. Avancer en âge à la force du poignet (mes jambes!)  tout en ayant comme point de repère le Ciel et  la terre comme partage. L'étoile inatteignable d'où je viens et où je vais.

 

Pierre étienne

 

 


 

 

 

 

Quand la lune tombe dans Les Laurentides   

   21 juin 2018

 

 

 

 

 

 

                                          

Selon des spécialistes des météorites, lorsqu'une de  celles-ci frappent la lune, le satellite de la terre sous la force de l'impact se met à vibrer. On a calculé que ses vibrations peuvent durer plus de huit cents années. Par exemple le cratère Giordani Bubo, formé il y a au moins sept cents ans par une météorite est là aujourd'hui comme repère de rappel de cette longue vibration.

Un certain soir de mai 2018, je ne sais pas avec certitude si cette vibration générée par ce fameux cratère a pu me causer comme dommages collatéraux. Je soupçonne que oui puisque  le sentiment m'habitant ce soir là d'être entraîné à mon corpsdéfendant dans  la chute de la lune vers le bleu violet des montagnes Laurentides m'est très inhabituel. En tout cas, je vous affirme que ce sentiment était très intense, pas mal plus fort que la descente d'un manège sur roue d'acier.

Il est vrai qu'à ce moment là, j'étais sous influence: le quatuor en fa majeur de Tchaïkovski et une méditation extra fort. J'imagine que ma chute avec la lune dans son premier quartier devait assez vertigineuse puisque même Vénus, planète qui en fait habituellement à sa tête puisqu'elle est la seule qui tourne à l'envers de toutes les autres planètes du système solaire subissait le même sort que moi. Elle se précipitait la pauvre dans Les Laurentides!

Plus incroyable, le fleuve Saint-Laurent appelé mer par beaucoup de Bas-laurentiens se mettait lui aussi de la partie. En effet, au fur et à mesure de la descente de la lune, il palissait en une allée large comme deux paquebots blanc mal entretenus. Il avait beau vouloir calmer ses ardeurs en tentant de polir sa surface, mais rien n'y fit. Aux côtés même de cette dépense folle en réflexion lunaire, ses eaux semblaient aussi avoir attrapé subitement la bougeotte laquelle se traduisait par des ondes marines incontrôlables.

Bien pris dans ce tableau d'ensemble, que voulez-vous que je fis? Que je mourusse! Oui, je le désirais mais j'avais mal aux fesses,  mal assis que j'étais depuis une bonne heure à subir l'enfouissement inéluctable de la lune dans le violet profond des montagnes arrondies des Laurentides. Puis le quatuor en fa était terminé depuis une secousse. Puis la lune referait le coup de son ascension, du moins je l'espérais.

 

Pierre étienne

 


 

 

 

pam, pam Pam PAM !                                

4 juillet 2018

 

 

 

 

Je dédie ce texte à Marc, un mélomane et à toutes les personnes qui ressentent une journée sans musique comme une journée de déroute

 

Il m'arrive de fréquenter You tube surtout pour entendre les interprètes de mes compositeurs préférés. Dans cet espace virtuelle, je lis parfois quelques commentaires en rapport avec la musique entendue. J'y découvre des perles en ce qui regarde le jeu et/ou la vision musicale de l'interprète que je viens d'écouter. J'aime bien celles qui se rapportent "au tranchant du son pour lui-même et de cet enveloppement du langage arrivé à sa propre résonnance" Philippe Sollers. Cela me donne comme un air d'aller  tout là haut ou là bas dans l'infiniment proche. Respirer les phrases musicales qui trouvent le royaume de la première personne, là où la force surgit du cœur.

Toujours est-il que lors de cette fin d'après-midi du 3 juillet de l'an 2018, je visionne et écoute le concerto 4 pour piano de Ludwig van Beethoven.Le visage de l'interprète se transforme alors comme  sculpté dans une matière tellement malléable que ses multiples formes apparaissent au fil de la musique  comme si elles ne subissaient pas de  transition. Il faut dire que ce concerto offre à tout interprète une multitude de variations tant dans le mouvement de l'exposition que dans ceux du développement et de la récapitulation. Les mains de la pianiste se font bondissantes, trottinantes, apprivoisantes, dominantes. Le corps se plie tout entier aux moments que je caractérise comme fondateur de la plus exquise manière de dire l'âme humaine. Pour ne citer que ce seul exemple, celui de la phase où la pianiste nous amène par la main sur le sentier de la joie, tout de suite après avoir été transportée par un grand désarroi.

Cette interprète s'appelle Uchida Mitsuko. Sa musique a été une immense découverte pour moi. J'ai été ému jusqu'aux larmes. Elle permet de magnifier le champ de l'attention d'une telle manière qu'on se sent incroyablement reconnaissant pour la vie que son art fait naître.

Voulant faire durer mon plaisir, j'ai retrouvé pas longtemps après ce festin de mots et de sons son vidéo intitulé  Mitsuko Uchida Masterclass - Comparing Beethoven N.4 in G Major and Mozart’s K. 503 que l'on peut trouver  facilement sur internet :  https://youtu.be/3mBzp5_yR18. Dans sa classe de maître, elle parle avec grand amour du compositeur L. Beethoven et  de son concerto 4  pour piano que je venais justement d'écouter.  Étrange phénomène, Uchida en parle d'une manière telle que tout cela se rapproche étrangement, merveilleusement des mots indiscrets que mon être me souffle à l'écoute beethovénienne. Pour ce concerto 4, je vous donne le lien : internet https://youtu.be/alGGWitm0AU. Si le ciel existe, c'est par là.

Outre le fait de vous entretenir à propos d'une merveilleuse interprète de la musique de L. Beethoven, je voulais vous parler aussi et  longuement du miracle de l'émotion créée par l'artiste. Pourquoi donc la mer agitée du temps actuel n'arrive pas à égratigner la surface même des grandes œuvres? Pourquoi deux capsules habitées se croisent-elles dans le même espace temps de la création? Pourquoi s'arrêtent-elles pour un temps, deux temps, trois temps, quatre temps, mil temps à la même latitude?

Pour faire court, je tenterais cette réponse. Au delà de la vie humaine éphémère, de grandes constellations brillent. Sous l'influence de leurs feux, nous sommes rendus sensibles à l'univers des harmonies, de là proviennent les rencontres miraculeuses. Ludwig est une constellation et son interprète Uchida nous rend sa lumière divinement buvable. Voilà, c'est la grâce que je vous souhaite à l'audition du jeu pianistique de cette interprète de génie.

 

Pierre Étienne